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Une fausse idée

Une fausse idée - Brad Gauthier

Ce matin, je me suis réveillé très tôt, comme je le fais d’habitude. Je me prépare pour faire du jogging quand ma femme est descendue me rejoindre. J’étais un peu étonné, puisque ce n’est pas dans son habitude de se lever tôt. Sans rien dire, elle me fait un grand sourire. Sans trop réfléchir, je lui rends la pareille. J’étais trop pressé de sortir pour courir que je l’ai embrassée et je suis parti en lui lançant un petit « à tout à l’heure ». Je ne savais pas trop ce qui m’arrivait, mais je me sentais bizarre. Pas dans le mauvais sens du terme, mais juste bizarre, je dirais même que j’étais joyeux. C’est peut-être parce que ma journée a bien commencé, avec un réveil agréable. Pendant que j’étais en train de courir, je me suis rappelé ce sourire que ma femme m’a lancé, avec la petite couperose qu’elle avait sur les joues, qui la rendait encore beaucoup plus mignonne. Et c’est à ce moment-là que je me suis sérieusement penché sur le sujet. Pourquoi a-t-elle pris la peine de se réveiller à quatre heures du matin, juste pour un sourire ? En y pensant vraiment, j’étais content. Tout simplement parce que je me suis dit que les moments dépensés dans une salle de sport ont valu la peine. Physiquement, j’étais plus agréable à regarder. J’ai commencé à bien regarder autour de moi, et les personnes que je rencontre me regardent aussi de manière différente. Sans me vanter, il y avait même quelques jeunes filles qui me fixaient lorsque je me mettais à courir. J’ai même remarqué une femme m’observer derrière son rideau. J’étais vraiment content. Non pas parce que j’étais devenu tout à coup le centre d’intérêt de tout le monde, mais surtout parce que je pouvais commencer à être fier de mes muscles. Moi qui croyais qu’il fallait attendre environ huit à douze mois avant que des résultats soient visibles. Avec un peu plus d’efforts, j’atteindrai bientôt mes objectifs : rien que des muscles bien fermes, plus de graisse. J’ai hâte de me prendre en photo à ce moment-là pour prouver à mon petit frère que même si je n’ai plus vingt-cinq ans, comme lui, je peux parfaitement lui ressembler. En arrivant à la maison, ma femme m’accueille encore avec le même sourire. Finalement, je lui ai demandé ce qui se passe. Elle s’avance alors vers moi en me murmurant : « Joyeux anniversaire, chéri ». Eh oui, c’était mon anniversaire ce jour-là. Et moi qui me faisais déjà à l’idée que j’étais devenu monsieur muscle.

À propos de l’auteur :

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Né d’un père anglophone et d’une mère francophone, c’est suite à mes études au cégep que j’ai rapidement pris le chemin de la traduction: une seconde nature pour moi. C’est pourquoi aujourd’hui écrire est non seulement mon métier… mais aussi une passion, dans les deux langues. C’est par le biais de ce blogue que vous pourrez en apprendre davantage sur mes expériences de vie, sur ma femme et sur mes charmants enfants qui activent mon quotidien.